Aller au contenu principal
Nouvelle

La gouvernance culturelle montréalaise, le postdoctorat de Mariana Castellanos

29 mai 2026
Image
Mariana Castellanos

La chercheuse postdoctorale de l’ENAP, Mariana Castellanos, a reçu un financement Mitacs pour mener un projet sur la vitalité culturelle durable des quartiers montréalais dans le cadre d’une collaboration du Cité-ID LivingLab - Gouvernance de la résilience urbaine avec la Ville de Montréal.

Comment mieux coordonner l’action publique culturelle à l’échelle d’une grande ville ? Comment faire dialoguer la Ville-centre, ses arrondissements, les milieux communautaires et les acteurs culturels autour d’objectifs communs ? C’est à ces questions que s’attaque Mariana Castellanos, soutenue par une bourse Mitacs - programme Accélération. Confirmé en septembre 2025, ce financement de 120 000 CAD sur deux ans soutient un projet de recherche appliquée mené à l’École nationale d’administration publique (ENAP). 

Des travaux au cœur des enjeux municipaux contemporains

Intitulé Innovations en gouvernance culturelle : vers une vitalité culturelle durable dans les quartiers culturels de Montréal, le postdoctorat de Mariana Castellanos vise à analyser et expérimenter des modèles novateurs de gouvernance culturelle collaborative à l’échelle des quartiers montréalais.

Faire rayonner la recherche autrement

Mariana vient tout juste de déposer une thèse doctorale en administration publique à l’ENAP, dont le sujet porte sur la mise en œuvre de la politique culturelle québécoise dans le milieu muséal. Le parcours de cette chargée d’enseignement et spécialiste des politiques culturelles  allie, depuis plusieurs années, recherche universitaire, action publique et milieux culturels.

Avec ce nouveau projet, elle poursuit une trajectoire axée sur des questions rarement mises de l’avant en administration publique : la culture comme levier territorial, la coconstruction avec les citoyennes et les citoyens, de même que la gouvernance sensible aux réalités locales.

Pourquoi un Living Lab ?

Dirigé par Marie-Christine Therrien, le Cité-ID LivingLab - Gouvernance de la résilience urbaine offre justement ce cadre d’expérimentation en contexte réel. On y réunit les chercheuses et les chercheurs, les gestionnaires publics, les partenaires institutionnels et les communautés. Il en ressort le développement de solutions concrètes et adaptées à des enjeux complexes. 
 

Image
Mariana Castellanos
Mariana Castellanos, au campus de Montréal de l'ENAP

Pour la chercheuse, cette approche permet de travailler en contexte réel, avec les personnes concernées. 

«Je favorise une démarche de coproduction, où les différents savoirs peuvent se croiser, souligne Mariana. J'y trouve un cadre pertinent pour expérimenter des formes de collaboration et faire émerger des lectures nouvelles du territoire, tout en soutenant le déploiement d’outils, de récits ou de dispositifs ancrés dans les expériences locales. »

En effet, cette unité de recherche-action de l’ENAP vise à développer des solutions pratiques et innovantes en matière de gouvernance de la résilience urbaine. Avec ses partenaires des différents écosystèmes publics et parapublics, l’équipe du Cité-ID LivingLab effectue des travaux sur le capital social, la coproduction, la gouvernance collaborative et la gestion de crise en milieu urbain. Ces projets réunissent les gestionnaires publics, les organisations privées, les organismes communautaires, les citoyens et les citoyennes, de même que les chercheuses et les chercheurs universitaires.

Une manière de faire en recherche qui s’est naturellement imposée.

Plutôt que d’appliquer une solution conçue à distance, il s’agit de construire avec les personnes concernées une compréhension partagée des réalités du terrain, des ressources existantes et des possibilités d’action. 
Mariana Castellanos

Une recherche sur le terrain urbain

Le terrain principal du projet se situe à la fois au service de la culture de la Ville de Montréal, de même que dans les dix-neuf arrondissements qui la composent.

La démarche combine :

  • Entrevues avec gestionnaires
  • Observation participante
  • Diagnostics organisationnels 
  • Ateliers de cocréation
  • Analyse des mécanismes de coordination existants 
  • Expérimentation d’outils collaboratifs


L’objectif? Mieux comprendre comment cheminent les décisions, les responsabilités et les ressources entre les différents niveaux municipaux.

Des collaborations stratégiques

Image
Marie-Christine Therrien et Gregory Moullec
Marie-Christine Therrien et Gregory Moullec supervisent les travaux de Mariana Castellanos

Le projet est supervisé par la professeure Marie-Christine Therrien et Grégory Moullec, professeur associé à l’Université de Montréal et chercheur au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Nord-de-l’Île-de-Montréal. En collaboration étroite avec Marie-Odile Melançon, cheffe de division — soutien au développement culturel, et Arlett Abrego, agente de développement culturel — vitalité culturelle dans les quartiers de la Direction du développement culturel au Service de la culture de la Ville de Montréal.

Cette alliance entre l’université et la Ville de Montréal illustre la capacité de l’ENAP à produire des recherches véritablement utiles à l’action publique.  

Pour moi, le principal défi n’est pas seulement méthodologique. Il faut réussir à faire dialoguer des logiques institutionnelles différentes — celles de la Ville-centre, des arrondissements, des organismes et des citoyens — sans effacer leurs réalités propres. 
Mariana Castellanos

Des retombées concrètes attendues

Au terme des deux années de recherche, le projet vise notamment à produire :

  • Une typologie des modèles de gouvernance culturelle
  • Des outils pratiques pour les arrondissements
  • Un prototype de gouvernance collaborative
  • Un cadre stratégique transférable à d’autres municipalités canadiennes
  • Des publications scientifiques et activités de diffusion publique
     

Quand la culture renouvelle l’administration publique

Ce postdoctorat rappelle que l’administration publique municipale ne se limite pas aux volets financiers, réglementaires ou structurels. Il apparaît qu’il est tout aussi important de tisser des liens, de soutenir des milieux de vie dynamiques et actualisés et de faire une place à la participation citoyenne.

Soutenue par cette bourse Mitacs, Mariana Castellanos contribue à démontrer que la culture peut être un puissant moteur d’innovation publique.
 

Forces (in)visibles : un autre chantier de recherche à suivre

En parallèle de son postdoctorat Mitacs, Mariana Castellanos contribue également à la coordination du projet Forces (in)visibles, une initiative de recherche partenariale financée par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).

Ce projet se distingue par son approche entrecroisant l'art, la recherche-action et les collaborations territoriales. Il vise à mieux comprendre comment des démarches créatives et collectives peuvent révéler des ressources souvent peu manifestes dans certains milieux urbains, tout en soutenant de nouvelles formes d’action publique et communautaire.

Une artiste collabore activement au projet afin d’apporter un regard sensible sur les territoires, de nourrir les approches de cocréation et d’explorer d’autres façons de documenter les réalités locales.

Le projet réunit des partenaires aux expertises complémentaires : l'École nationale d’administration publique, le CIUSSS du Nord-de-l’Île-de-Montréal, l'Université du Québec à Montréal, la Ville de Montréal, les arrondissements d’Ahuntsic-Cartierville et de Montréal-Nord, ainsi que la SBC Galerie d’art contemporain.
 

Partagez cette page

Tous droits réservés © 2026 ENAP - École nationale d’administration publique